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Le machinisme agricole anticipe une année 2021 exceptionnelle

Le machinisme agricole anticipe une année 2021 exceptionnelle

Malgré la crise sanitaire, le secteur a bouclé l'année 2020 avec un excellent niveau de ventes. Pour l'exercice en cours, les industriels disposent de carnets de commandes fournis, laissant présager d'un nouveau record. Sous réserve des difficultés d'approvisionnement sur certaines matières premières.

Par Lionel Steinmann, journaliste Les Echos

La crise sanitaire et les mauvaises récoltes de l'été 2020 n'ont pas fait flancher le marché des machines agricoles. Selon les chiffres présentés jeudi par Axema, le syndicat qui regroupe les fabricants français et les importateurs, la vente de matériels neufs destinés à l'agroéquipement en France a dépassé 6 milliards d'euros, très près du record de 6,1 milliards établi l'année précédente .

Le confinement du printemps 2020 a interrompu pendant plusieurs semaines l'activité des fabricants français. « Mais le rattrapage a été fort dès le mois de mai et s'est poursuivi sur la fin de l'année, grâce à la bonne tenue des prix agricoles », pointe le responsable du pôle économique d'Axema, David Targy. La production tricolore n'a, au final, reculé que de 3,5 % sur l'année.

Stabilité des ventes de tracteurs

Les ventes de tracteurs sont restées stables. Elles représentent toujours 30 % du marché. Celles des moissonneuses-batteuses ont baissé, sans que ce recul excède les 10 %. Les achats de serres ou d'outillage pour les espaces verts ont, eux, connu des « croissances significatives », indique Axema.

La tendance de fond du marché n'a pas varié : le mouvement continu de concentration des exploitations entraîne une réduction des volumes, mais les matériels achetés sont vendus plus cher car beaucoup plus modernes. « Nous vivons une nouvelle révolution de l'agriculture, avec des machines qui contiennent des capteurs et de l'intelligence embarquée, et qui analysent les besoins plante par plante lorsqu'elles traitent un champ », illustre le directeur général d'Axema, Alain Savary.

Cette mutation est soutenue par les pouvoirs publics : le volet agriculture du plan de relance prévoit une enveloppe de 215 millions d'euros afin d'accompagner la modernisation des équipements, avec des machines moins gourmandes en eau et utilisant le moins possible de produits phytosanitaires. Les crédits destinés au bien-être animal (100 millions) ainsi que ceux destinés à développer la culture de protéines végétales (100 millions également) devraient aussi déboucher sur l'achat de nouvelles machines.

Des aides au succès fulgurant

Ces aides à l'achat, qui étaient accessibles à partir du 1er janvier, ont connu un succès fulgurant : les crédits, prévus en théorie pour deux ans, ont été épuisés en une semaine, voire en 48 heures pour certains types de machines.

La ruée sur les subventions ne s'est pas encore transformée en afflux de commandes pour les industriels, car les dossiers déposés par les agriculteurs sont toujours en cours d'instruction. Mais elle laisse présager un millésime 2021 exceptionnel pour le machinisme agricole. Les experts d'Axema anticipent une croissance de 5 à 7 % du marché en valeur, ce qui le porterait à plus de 6,4 milliards, un nouveau record.

À condition que les entreprises soient en mesure de servir leurs clients. Le secteur souffre comme le reste de l'industrie de fortes tensions sur certains de ses approvisionnements : plastique, équipements électroniques et, surtout, acier.

Intérrogés par Axema, 90 % des professionnels indiquent qu'une hausse de leurs prix est inéluctable pour faire face à celle de l'acier, dont le prix à la tonne a doublé en un an. De surcroît, les délais de livraison de la part des sidérurgistes s'allongent. « Or le marché du matériel agricole est saisonnier, pointe Alain Savary. Si l'agriculteur ne peut pas avoir sa machine au moment voulu, la vente ne se fait pas. » Pour ne pas avoir une partie de son carnet de commandes s'évaporer, le secteur plaide avec le reste des entreprises de mécanique pour que les limitations qui s'appliquent aux importations d'acier en Europe, et qui arrivent à terme le 30 juin, ne soient pas reconduites.

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