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La FAO lance une alerte sur les prix alimentaires et des intrants agricoles

La FAO lance une alerte sur les prix alimentaires et des intrants agricoles

La facture des importations d'aliments dans le monde s'élèvera à 1.750 milliards de dollars, un record historique. Les tensions sur l'énergie et les intrants vont maintenir les prix agricoles à des niveaux élevés.

Par Étienne Goetz, journaliste Les Echos

Mois près mois, les cours des produits agricoles ne cessent de grimper au point d'avoir propulsé l'indice des prix alimentaires de base, établi par l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), à son plus haut niveau depuis 2011. L'époque avait été marquée par une grave crise alimentaire.

L'inflation sur les marchés agricoles a un effet direct sur le coût des importations, notamment pour les pays les plus pauvres. « Les échanges mondiaux de produits alimentaires se sont accélérés et sont sur le point d'atteindre leur plus haut niveau jamais enregistré tant en volume qu'en valeur », s'inquiète la FAO dans son rapport semestriel sur l'alimentation paru jeudi. La facture devrait s'élever à 1.750 milliards de dollars, en hausse de 14 % par rapport à 2020.

Envolée des engrais

« La hausse rapide des prix des produits alimentaires et de l'énergie pose d'importantes difficultés aux pays et aux consommateurs les plus pauvres, qui dépensent une part importante de leurs revenus dans ces produits de première nécessité », précise la FAO. L'institution s'inquiète moins des risques de pénuries - les récoltes de l'ensemble des céréales restent solides - que des prix voués à rester élevés un certain temps.
La FAO consacre d'ailleurs un chapitre entier de son rapport aux coûts des intrants agricoles (énergie, engrais, pesticides, aliments pour animaux, semences) qui sont immédiatement répercutés dans les prix alimentaires. Son indice des prix mondiaux des intrants « a atteint son plus haut niveau depuis dix ans en août ».
Que ce soit pour le transport des marchandises, leur transformation ou pour la fabrication d'engrais, le coût de l'énergie est déterminant, notamment pour les engrais azotés. Ils sont élaborés à partir de gaz et leur prix est directement lié aux cours du combustible fossile, qui ont explosé. Aux États-Unis l'indice des fertilisants s'est envolé à plus de 1.000 dollars la tonne courte - environ 900 kg.

La Chine et la Russie imposent des restrictions

Les prix de la matière première fossile étant trop chers, de nombreux industriels comme Yara ont diminué ou stoppé la production en Europe. Le manque d'engrais est tel que les agriculteurs ne pourront pas acheter les volumes nécessaires pour leurs champs, ont prévenu les dirigeants de CF Industries lors de leurs résultats début novembre.
Les tensions sur la disponibilité sont telles que la Chine et la Russie ont imposé des restrictions sur l'exportation des engrais pour garantir l'approvisionnement de leurs agriculteurs. À titre d'exemple, les fermiers américains importent de Russie 20 % de l'urée et 40 % des ammonitrates.
Dans son rapport, la FAO rappelle aussi que de nombreux produits agricoles servent de base à la fabrication d'agrocarburants. C'est le cas de 30 % du maïs américain ou de 60 % de la canne à sucre brésilienne transformés en éthanol. Or le renchérissement des produits pétroliers stimule la demande des agrocarburants, contractant l'offre disponible pour la nourriture humaine ou animale.

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