Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
agriblog

Danone pousse les éleveurs de vaches vers l'alimentation 100 % française

Danone pousse les éleveurs de vaches vers l'alimentation 100 % française

Le groupe agroalimentaire français veut inciter ses partenaires producteurs laitiers à l'autonomie alimentaire de leurs fermes. Il vient de signer un premier accord en Saône-et-Loire avec l'Association laitière Jura Bresse.

Par Monique Clemens, journaliste Les Echos

Dans la Bresse bourguignonne, le Gaec de Laurent Boivin, à Devrouze (Saône-et-Loire), est ce qu'on pourrait appeler une ferme modèle. Ses 115 vaches passent au robot de traite quand bon leur semble, vont et viennent dans les prés à leur guise, disposent de brosses de massages pour se frotter le dos et de grands ventilateurs pour chasser la chaleur l'été. Et, bientôt, ces laitières de races montbéliarde et holstein délaisseront les tourteaux brésiliens pour manger 100 % français.

C'est en tout cas l'engagement pris par l'éleveur et par Danone , auquel le Gaec (deux associés, un salarié et un apprenti) vend la totalité du million de litres de lait qu'il produit chaque année pour être transformé en Danette et autres desserts lactés à l'usine de Saint-Just-Chaleyssin (Isère). Et c'est dans cette ferme que François Eyraud, directeur général France du groupe, est venu signer un premier accord avec l'Association laitière Jura Bresse à laquelle adhère le Gaec de Laurent Boivin.

Une prime de 15 euros pour 1.000 litres de lait

Président de cette organisation réunissant 78 producteurs, Anthony Ecoiffier voit dans ce programme la possibilité « d'un gros impact dans la reconnaissance du travail des agriculteurs ». Il apprécie les outils mis en place : un accompagnement individuel pour atteindre ces 100 % d'alimentation française, contre 80 à 90 % en moyenne aujourd'hui (le reste étant des protéines majoritairement issues de soja brésilien ou américain), ainsi qu'une prime de 15 euros pour 1.000 litres de lait pour compenser le surcoût. « Le sujet de la souveraineté alimentaire s'est posé en 2020 et la chaîne a tenu, en particulier dans l'ultra-frais », a voulu rappeler François Eyraud. « Encourager les éleveurs à basculer vers une alimentation 100 % française, c'est bon pour l'indépendance, bon pour l'économie avec des dynamiques de polycultures et de valorisation de la terre, et cela répond à la question des émissions de Co₂. » 

Baptisé « AlimFrance », le nouveau contrat s'inscrit dans la stratégie de transition agricole menée par Danone dans laquelle 40 millions d'euros ont déjà investis entre 2016 et 2020, indique l'industriel, qui espère avoir signé avec tous les producteurs laitiers fin 2021. « L'idée est bonne, mais une prime de 15 euros ce n'est pas suffisant pour que les éleveurs s'y retrouvent », estime Didier Guyot-Jeannin, à la Confédération paysanne du Doubs. Même son de cloche à la FDSEA. « C'est un peu juste, surtout cette année avec la hausse des matières premières, mais pour booster le plan protéines de la PAC, le plan va dans le bon sens », juge Stéphane Convert, porte-parole du syndicat agricole en Saône-et-Loire.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article